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RDC au Conseil des droits de l’homme : “Tout s’est joué au niveau du groupe africain, c’est là que le leadership déçoit”

L’américain Jason Stearns, critique le leadership africain qui a porté la candidature de la RDC.

Le chercheur américain Jason Stearns n’est pas étonné par l’élection de la RDC au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Dans une interview ce mardi 17 octobre 2017, le directeur du Groupe d’étude sur le Congo, un projet de recherche basé au Centre de coopération internationale de l’Université de New York (États-Unis), critique davantage le leadership africain qui a porté la candidature de la RDC.

Quelle analyse faites-vous de cette élection ?

Ce n’est pas très étonnant. Cela reflète les dynamiques et les règles au sein du Conseil. Le groupe des pays africains propose quatre pays pour quatre sièges, et habituellement les autres pays ne font qu’approuver. D’ailleurs, la RDC n’a reçu que 151 votes, beaucoup moins que les plus que 180 votes pour les autres trois pays africains (Angola, Nigeria, et Sénégal). Donc tout s’est joué au niveau du groupe des pays africains, et c’est là que le leadership déçoit.

Pensez-vous que cela pourrait responsabiliser les autorités de la RDC en matière des droits de l’homme ?


La ministre Mushobekwa vient de dire que la RDC sera maintenant plus motivée à faciliter les enquêtes des experts onusiens sur les Kasaï. On ne peut qu’avoir de l’espoir.

Beaucoup pensent que cette élection va donner plus de crédit au pouvoir de Kinshasa. Vous le pensez aussi ?

Cette élection a une importance plutôt symbolique. Il y a 47 pays membres du Conseil, donc la RDC seule n’aura pas un grand impact sur les décisions prises. Mais cela est un signal fort décevant, quand même. Dans la charte du Conseil de Droits de l’Homme, il est stipulé que chaque membre sera élu « en prenant en considération le concours que chaque candidat a apporté à la cause de la promotion et de la défense des droits de l’homme et les engagements qu’il a pris volontairement en la matière ». Si on voit que l’Arabie Saoudite, le Venezuela et le Burundi se trouvent aussi au Conseil, on a vite compris que cette stipulation n’est pas vraiment prise au sérieux.

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