Société › Actualité

Droits de l’homme : l’ONU accable la RDC, Kinshasa conteste

La haut-commissaire adjointe aux droits de l'homme, Kate Gilmore.

Un constat confirmé par la Mission des Nations Unies dans le pays (MINUSCO) met en avant la responsabilité des autorités politiques et sécuritaires.

C’est avec des accusations très accablantes pour la RDC que la haut-commissariat adjointe des Nations Unies a présenté, le mardi 26 septembre à Genève, son rapport annuel sur la situation des droits de l’homme dans le pays. Dans un contexte électoral tendu, le document fait état de restriction des libertés individuelles et de graves violations de droits humains qui s’ajoutent à plusieurs foyers de violences se traduisant par des centaines de milliers de déplacés, mais aussi des centaines de morts. Un constat confirmé par la Mission des Nations Unies dans le pays (MINUSCO) qui met en avant la responsabilité des autorités politiques et sécuritaires, mais que récuse le gouvernement congolais.

La candidature de la RDC comme membre du Conseil des droits de l’homme (CDH) est mal engagée avec la présentation, mardi 26 septembre, du rapport annuel de cet organisme relevant des Nations Unies qui tient actuellement sa 36e session ordinaire à son siège de Genève.

Le constat dressé par le haut-commissariat aux droits de l’homme sur la situation qui prévaut dans le pays est en effet des plus accablants, d’autant plus qu’il met en cause les autorités politiques et les responsables sécuritaires. Dans l’exposé oral qu’elle a présenté devant le CDH, la haut-commissaire adjointe aux droits de l’homme, Kate Gilmore, a brossé un tableau des plus sombres «dans lequel le système judiciaire n’a pas fait montre d’indépendance, l’impunité n’a pas été prise à bras le corps et la violence a été à nouveau perpétrée par les forces de sécurité à l’encontre de la population de la République démocratique du Congo».

Une situation qui se dégrade de plus en plus


S’appuyant sur les différents évènements qui ont émaillé l’histoire du pays depuis la session 2016 du Conseil, notamment «les massacres de grande envergure de civils par les forces de sécurité dans le cadre des manifestations en décembre, puis en septembre dernier, puis la répression brutale qui a suivi», Gilmoree a avancé comme exergue le remarquable accord de consensus entre le gouvernement et les groupes de l’opposition le 31 décembre 2016. Un accord paraphé grâce à la médiation des évêques du pays et qui était «censé préparer le terrain pour les élections présidentielles de 2017 et un transfert pacifique du pouvoir», a souligné Kate Gilmore dans des propos rapportés par le CDH à l’issue de la session.

«Cet accord du 31 décembre, qui contient des mesures concrètes, a suscité un espoir réel que le processus électoral puisse aller de l’avant et conduire à la stabilité politique, à un plus grand respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales et donc à une prospérité durable», n’a pas manqué de relever la haut-commissaire adjointe pour qui il s’agissait là d’un tournant critique et d’une véritable occasion offerte au peuple congolais. Malheureusement, finira-t-elle par déplorer, «ce qui advint finalement fut l’antithèse même des termes de cet accord». En cause, les différentes mesures prises par les autorités congolaises parmi lesquelles, l’interdiction générale de toute activité de l’opposition et de la société civile, le ciblage sans relâche des opposants politiques, des défenseurs des droits de l’homme, ainsi que des journalistes.

De plus, rapporte la même source, « es mesures de mise en confiance stipulées dans l’accord du 31 décembre, notamment la libération des prisonniers politiques, n’ont pas été mises en œuvre» et selon le rapport, au cours des douze mois écoulés, le nombre de prisonniers politiques et d’opinion a triplé, passant de 50 à 150. A cette situation des plus regrettables, Kate Gilmore n’a pas manqué d’ajouter que «le retard dans l’annonce de la date des élections occasionne instabilité et troubles».

http://afrique.latribune.fr/politique/2017-09-27/droits-de-l-homme-l-onu…

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut