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Coopération : la RDC interdit l’exportation des métaux bruts vers la Chine

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La mesure viserait à accélérer le remboursement des 6 milliards de dollars de prêts chinois pour la mise en place d’infrastructures en RDC.

La République Démocratique du Congo (RDC) a ordonné à Sinohydro et China Railway Construction de cesser d’exporter du cuivre et du cobalt non transformés et d’affiner tous ses métaux dans le pays.

L’entreprise, appelée Sicomines, doit expédier « seulement des produits de grande valeur » alors que le gouvernement cherche à « assurer le remboursement rapide » de l’accord de 6 milliards de dollars sur les minerais pour l’infrastructure avec la Chine, a déclaré le ministre des Mines, Martin Kabwelulu au site d’informations Businesslive.co.za.

Remboursement de la dette

Selon les informations diffusées par le site d’informations Sud-africain, « cette interdiction devrait permettre de renforcer les bénéfices de Sicomines en exportant des produits raffinés et transformés et par ricochet accélérer le remboursement des prêts consentis par Pékin. Le projet minier exploité par Sicomines et qui a nécessité un investissement de 3,2 milliards de dollars représente un quart du concentré de cuivre et 5% des exportations de cuivre-cathode de la RDC en 2016.

L’exploitant représente également le plus important producteur de métal en Afrique et la plus grande source mondiale de cobalt. Au premier semestre 2017, elle a exporté « 115 000 tonnes de concentré de cuivre et 20 000 tonnes de cathodes de cuivre », a-t-on appris de la division provinciale des mines du sud du Katanga, où se trouve la mine.


Sinohydro Corp et China Railway Construction détiennent 68% des parts de Sicomines. Le projet est un élément clé d’un accord de 2007 en vertu duquel les entreprises chinoises construisent des infrastructures, y compris des routes et des hôpitaux, financées par des banques chinoises en échange de métaux comme le cuivre et le cobalt.

Non-respect de la convention

Dans une lettre adressée le 11 septembre 2017 au directeur général de Sicomines, Sun Ruiwen, Martin Kabwelulu déclarait qu’il désapprouvait les produits que l’entreprise exportait.  Selon lui, « la majeure partie des produits exportés par les Sicomines étaient du concentré de cuivre non raffiné et de l’hydroxyde de cobalt, des cathodes de cuivre non traitées et du cobalt ». Pour pallier la situation Kinshassa a « interdit l’exportation des produits miniers autres que du cuivre traité et du cobalt», a précisé Kabwelulu dans sa lettre.

Suite à cette corespondance, le directeur général adjoint de Sicomines, Jean Nzeng, avait déclaré « nous sommes en contact avec le ministère pour débloquer la situation Il n’y a pas de problèmes majeurs. », a-t-il déclaré le 4 octobre 2017.

Pourtant  pour les autorités congolaises, les entreprises chinoises ne respectent pas la convention signée par les deux parties. En effet, ladite stipule que : «  Sicomines  doit exporter annuellement 200 000 tonnes de cathodes de cuivre raffiné par sa deuxième année de production commerciale. La production devrait atteindre 400 000 tonnes de cuivre raffiné au cours de la troisième année de production ». D’où la réaction de Kinshassa, « Sicomines doivent respecter la convention », a déclaré Kabwelulu.

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