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La BGFIBANK qualifie de fantasmes les accusations contre elle

Le Président Directeur Général de la BGFI Bank Henri Claude Oyima a rencontré le jeudi 09 novembre dernier le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo Deogratias Mutombo.

Une visite intervenue après les accusations contre cette Banque d’avoir financé une filiale terroriste et d’appartenir à la famille du chef de l’État. Une semaine après, le président de la BGFI bank a répondu le jeudi 16 novembre 2017, dans une interview exclusive, à quelques questions.

Vous étiez, la semaine dernière, à Kinshasa pour rencontrer les autorités monétaires du pays, notamment le Gouverneur de la Banque Centrale. Quel a été l’objet de votre entretien avec Déogratias Mutombo ?

Comme vous le savez, nous sommes un Groupe financier international avec une position de leader, en particulier en Afrique Centrale. A ce titre, nous sommes assujettis aux contrôles des régulateurs dans les 11 pays dans lesquels BGFIBank est implanté. C’est le cas notamment en République Démocratique du Congo où je me suis rendu il y a quelques jours. La rencontre avec le Gouverneur de la Banque Centrale, que vous évoquez, s’est inscrite dans le cadre des échanges permanents que j’entretiens avec les superviseurs des pays d’implantation du Groupe BGFIBank. C’est d’ailleurs en tant que régulateur de l’activité bancaire au Congo que le Gouverneur de la Banque centrale m’a reçu afin de s’enquérir de la situation globale du Groupe BGFIBank et, plus spécifiquement, de notre filiale BGFIBank RDC. En particulier, nous avons échangé sur les modalités et conditions du fonctionnement de BGFIBank RDC, notamment sur le plan de son organisation, de la gouvernance, du dispositif de contrôle interne et du pilotage opérationnel en conformité avec la réglementation bancaire en vigueur en RDC. Il s’agit donc, en quelque sorte, d’une visite de routine, prévue de longue date, tout à fait normale en ce qui concerne un groupe financier comme le nôtre.

A-t-il été également question entre vous des affaires de ces derniers mois concernant votre filiale, BGFIBank RDC ?

Il s’agissait d’une visite de routine, une visite de travail tout à fait classique. Certains ont voulu y voir autre chose. Mais ils sont soit ignorants, soit malveillants. Nous avons évoqué, comme je vous l’ai indiqué plusieurs aspects, dont le fonctionnement de notre filiale en RDC. Il a en particulier été question des outils et méthodes de supervision, ainsi que de l’activité de contrôle que nous déployons. Nous sommes en effet soucieux de mettre en oeuvre les meilleures pratiques en la matière et d’appliquer rigoureusement les obligations réglementaires les plus strictes en ce qui concerne la régulation et le contrôle interne. Notre dispositif global de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, déjà très exigeant, est en perpétuel renforcement. Chez nous, il s’agit d’une exigence permanente qui permet au Groupe BGFIBank de se conformer à toutes les évolutions légales et réglementaires en ce domaine, ainsi qu’aux meilleures pratiques en termes d’évaluation des risques. A titre d’exemple, le Groupe BGFIBank a pris en compte, à travers une refonte complète de ses procédures et de ses outils, les nouvelles exigences internationales, à l’instar de celles liées à la transposition en droit interne de la quatrième Directive européenne du 20 mai 2015 relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. Le Groupe s’est ainsi doté d’un dispositif spécifique, particulièrement exigeant, qui allie les fonctions de filtrage et de profilage via un système de surveillance automatisée de ses activités. Vous déduirez donc de ce propos que les « affaires » auxquelles vous faites allusion sont des fantasmes, sans rapport avec la réalité du fonctionnement de notre groupe, particulièrement strict et exigeant en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, contre le terrorisme ou encore en matière de respect des sanctions prises par des organisations internationales. En ces domaines, nous sommes irréprochables. Le reste n’est que procès d’intention.

Quelles sont les directives données par BGFI Holding Corporation, la maison mère, à sa filiale en RDC ?


Nous fonctionnons au sein de BGFIBank sur la base de projets d’entreprise à cinq ans. « Excellence 2020 » est le nom du plan en cours d’exécution depuis 2015 au sein de notre Groupe. À l’instar de nos autres filiales, BGFIBank RDC n’a d’autres objectifs que de poursuivre son développement dans le respect des axes stratégiques, des méthodes et outils communs définis dans ledit projet. La dimension internationale de notre Groupe multi-métiers, aujourd’hui présent dans 11 pays, ne laisse aucune place à l’improvisation, encore moins à l’amateurisme. Nous sommes un Groupe financier intégré, ce qui signifie que nos filiales partagent les mêmes orientations, les mêmes process, mais aussi in fine les mêmes indicateurs de mesure de la performance, qui sont indispensables pour assurer la rentabilité et garantir la pérennité de notre Groupe.

En tant que banquier, comment jugez-vous les perspectives économiques en RDC ?

La RDC, à l’instar d’autres pays dans la sous-région, a subi le contrecoup de la baisse des cours des matières premières ces deux dernières années. Mais le pays a le potentiel nécessaire pour se relever. Les économistes internationaux annoncent en effet de solides perspectives de croissance pour la RDC. C’est, du moins, l’analyse faite par la Banque mondiale qui table sur une croissance de 5 % en 2018. Et d’après un rapport de la Banque mondiale, l’économie du pays devrait être dopée par une montée des prix des matières premières et par une croissance soutenue des secteurs de l’agriculture et des services. Ce sont des prévisions qui nous confortent, nous, investisseurs privés. Je n’ai aucun doute sur les potentialités dont regorgent la RDC. On parle de réserves pétrolières et minières estimées à 3.500 milliards de dollars américains. Surtout, la RDC et ses presque 80 millions d’habitants constituent un énorme marché tant pour les biens de consommation que pour les services. Ce sont là autant d’atouts – en sus des réformes en cours, notamment dans le secteur financier et bancaire – qui me font avoir confiance dans la capacité du pays à retrouver sa vigueur économique. Objectivement, il y a beaucoup de raisons pour se montrer optimiste sur la RDC.

En attendant et plus généralement, en Afrique centrale, la croissance est atone. Comment remettre en marche le moteur économique de la sous-région ?

Selon les projections de la Banque mondiale, la croissance sur le continent africain en 2018 sera de l’ordre de 2,5 %. La sous-région n’échappera pas à ce redémarrage, après une légère pause ces dernières années. Tout le monde s’accorde à dire que l’Afrique est le continent de l’avenir, qu’il recèle d’innombrables opportunités sur le plan économique. Les réserves de nos sous-sols, les terres arables, une classe moyenne en forte progression et surtout des ressources humaines jeunes et dynamiques constituent autant d’atouts qui positionnent l’Afrique comme une terre propice à l’investissement sur le long terme. D’ailleurs, l’engouement des investisseurs internationaux pour notre continent, très fort depuis le tournant des années 2000, ne s’est jamais démenti. Dès lors, il nous appartient à nous, Africains, de faire les efforts nécessaires pour permettre à notre continent de pouvoir exploiter au mieux ces potentialités, tout en veillant à ce que la croissance soit aussi forte qu’inclusive. Ce mouvement doit être impulsé au niveau des États. En Afrique Centrale, en particulier, il leur revient de mettre en place un dispositif de régulation et de supervision coordonné et organisé afin de minimiser, voir annihiler, les obstacles susceptibles de détériorer le climat des affaires et d’entraver la bonne marche de l’économie. Nos États doivent également poursuivre leurs efforts en matière d’intégration régionale. De ce point de vue, si j’en juge la récente accélération sur ce point, ils sont sur la bonne voie. Si l’Afrique Centrale met en œuvre ces réformes, elle deviendra, en raison de son vaste potentiel, l’une des régions les plus attractives du continent.

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